Comment s’endormir quand on n’arrive pas à arrêter de penser ?
Vous êtes fatiguée. Votre journée est terminée, vous avez enfin rejoint votre lit et vous aimeriez simplement vous endormir. Mais dès que vous fermez les yeux, votre esprit se remet en marche. Vous repensez à une conversation de la journée, à une chose que vous avez oubliée, à ce que vous devez organiser demain ou à un problème que vous n’avez pas encore réussi à résoudre. Vous pensez à tout, parfois dans le désordre. Une idée en entraîne une autre, puis une autre encore. Vous regardez l’heure. Vous commencez à calculer le temps qu’il vous reste pour dormir. Et plus vous souhaitez vous endormir rapidement, plus vous avez l’impression que votre cerveau refuse de ralentir.
Si cette situation vous est familière, vous avez peut-être déjà essayé de vous raisonner, de faire le vide dans votre tête ou de vous forcer à penser à autre chose. Mais comment s’endormir lorsque les pensées semblent ne jamais s’arrêter ?
Pourquoi est-ce que je pense autant au moment de me coucher ?
Le soir est souvent le premier moment de la journée où vous n’avez plus besoin de répondre aux sollicitations extérieures. Pendant plusieurs heures, votre attention a été mobilisée par le travail, les enfants, les responsabilités, les échanges et les différentes choses à gérer. Vous avez peut-être enchaîné les tâches sans vraiment prendre le temps de vous arrêter. Puis arrive le moment du coucher. L’environnement devient plus calme, les distractions diminuent et votre esprit dispose enfin de davantage d’espace pour revenir sur ce qui s’est passé ou anticiper ce qui vous attend. Plusieurs mécanismes peuvent alors se mêler.
Votre cerveau continue à anticiper
Vous repensez à ce que vous devez faire le lendemain, aux rendez-vous à ne pas oublier, aux décisions à prendre ou aux choses qu’il reste à organiser. Votre esprit cherche à anticiper, à prévoir et à trouver des solutions. Même si vous êtes physiquement au repos, vous avez l’impression de continuer à travailler mentalement.
Vous repensez aux événements de la journée
Certaines conversations reviennent en boucle. Vous vous demandez si vous avez bien répondu, si vous auriez dû dire autre chose ou si une situation aurait pu se dérouler différemment. Vous pouvez également repenser à un événement qui vous a contrariée, inquiétée ou touchée. Le soir, ces pensées peuvent prendre davantage de place, notamment lorsque vous n’avez plus d’autres activités pour détourner votre attention.
Vous êtes préoccupée par votre sommeil
Lorsque les difficultés d’endormissement se répètent, le coucher peut progressivement devenir un moment d’appréhension. Vous commencez à vous demander si vous allez réussir à dormir, combien de temps vous allez mettre à vous endormir ou comment vous vous sentirez le lendemain si la nuit est encore mauvaise. Cette inquiétude peut ajouter une pression supplémentaire. Vous ne cherchez plus seulement à vous reposer : vous cherchez à réussir à dormir. Et cette attente peut rendre le moment du coucher encore plus difficile à vivre.
Comment arrêter de penser pour dormir ?
La première chose à comprendre est qu’il n’est pas nécessaire de réussir à faire complètement le vide dans votre tête pour vous endormir. Les pensées font partie du fonctionnement de notre esprit. Certaines apparaissent spontanément, d’autres reviennent parce qu’une situation nous préoccupe ou parce que nous avons pris l’habitude de beaucoup anticiper. Chercher à les supprimer à tout prix peut parfois renforcer l’attention que nous leur accordons.
L’objectif est plutôt d’apprendre progressivement à ne plus leur donner toute la place. Voici quelques pistes que vous pouvez expérimenter.
1. Sortir les préoccupations de votre tête avant le coucher
Si vous avez tendance à penser à tout ce que vous devez faire le lendemain, vous pouvez essayer de prendre quelques minutes pour noter vos préoccupations avant d’aller vous coucher. Écrivez les rendez-vous à venir, les choses à ne pas oublier ou les tâches que vous souhaitez effectuer. Vous pouvez également noter une question qui vous préoccupe, même si vous n’avez pas encore de réponse. L’idée n’est pas de résoudre tous vos problèmes sur une feuille, mais de ne plus avoir à essayer de tout garder en mémoire. Vous pourrez revenir à ces éléments le lendemain, à un moment plus approprié.
2. Ne cherchez pas à lutter contre vos pensées
Lorsque vous êtes allongée et qu’une pensée apparaît, vous pouvez avoir tendance à vouloir immédiatement la chasser. Mais plus vous vous répétez qu’il ne faut pas penser à quelque chose, plus vous risquez de rester concentrée dessus. Essayez plutôt de remarquer cette pensée, sans chercher à la développer ni à la combattre.
Vous pouvez simplement vous dire : « Je suis en train de penser à cela. Je n’ai pas besoin de trouver une réponse maintenant. » Puis ramenez doucement votre attention vers votre respiration ou les sensations de votre corps. Il est tout à fait possible que votre esprit reparte vers autre chose quelques instants plus tard. Ce n’est pas un échec. Vous pouvez simplement revenir à vos sensations, autant de fois que nécessaire.
3. Revenir aux sensations de votre corps
Lorsque le mental est très actif, porter attention à son corps peut permettre de déplacer doucement son attention. Vous pouvez commencer par remarquer les points de contact entre votre corps et le matelas : votre tête sur l’oreiller, votre dos, vos jambes, vos pieds. Observez simplement les sensations présentes, sans chercher à les modifier. Vous pouvez également porter attention à votre respiration, à l’air qui entre et qui sort, ou aux mouvements de votre ventre. Il ne s’agit pas de contrôler votre respiration, mais simplement de prendre conscience de ce qui se passe dans votre corps.
4. Éviter de regarder constamment l’heure
Lorsque vous avez du mal à vous endormir, vous pouvez être tentée de regarder régulièrement votre réveil ou votre téléphone. Vous calculez alors le nombre d’heures qu’il vous reste avant de vous lever. Cette habitude peut renforcer votre inquiétude et vous maintenir dans une logique de contrôle. Si vous le pouvez, évitez de garder l’heure dans votre champ de vision. Essayez de ne pas transformer l’endormissement en objectif à atteindre dans un délai précis.
5. Accepter de faire une pause plutôt que de chercher à dormir à tout prix
Il peut être utile de changer légèrement votre manière d’aborder le coucher. Au lieu de vous répéter que vous devez absolument vous endormir, essayez de vous autoriser simplement à vous reposer. Vous n’avez pas besoin de réussir un exercice, de contrôler vos pensées ou de vérifier si vous êtes suffisamment détendue. Vous pouvez simplement vous installer confortablement et accueillir ce moment de calme. Si vous restez éveillée et que la tension augmente, il peut être préférable de quitter temporairement le lit pour faire une activité calme dans une lumière douce, puis d’y retourner lorsque la somnolence revient.
Trois exercices pour apaiser le mental avant de dormir
Les exercices de sophrologie peuvent vous aider à créer un moment de transition entre votre journée et votre nuit. Ils ne permettent pas nécessairement de faire disparaître les pensées, mais peuvent vous aider à porter davantage attention à votre corps et à expérimenter un état de détente.
Voici trois exercices simples à essayer.
Exercice 1 : prendre conscience de sa respiration
Installez-vous confortablement, assise ou allongée.
Fermez les yeux si vous en avez envie. Prenez quelques instants pour observer votre respiration, sans chercher à la modifier. Remarquez simplement l’air qui entre et qui sort. Vous pouvez ensuite porter votre attention sur votre ventre et observer ses mouvements naturels au rythme de votre respiration. À chaque expiration, laissez votre corps se déposer un peu plus dans le support sur lequel il repose. Poursuivez pendant quelques minutes, sans chercher à obtenir un résultat particulier. Si votre esprit s’éloigne, ramenez simplement votre attention vers votre respiration.
Exercice 2 : relâcher progressivement les tensions
Allongez-vous dans une position confortable. Portez votre attention sur votre visage. Observez les tensions éventuelles au niveau du front, des yeux ou de la mâchoire. Puis descendez progressivement vers les épaules, les bras, les mains, le dos, le ventre et les jambes. À chaque étape, prenez conscience des sensations présentes. Vous pouvez imaginer que les tensions se relâchent progressivement, sans forcer. Prenez le temps de parcourir votre corps, à votre rythme. Cet exercice peut vous aider à mieux percevoir les tensions que vous avez accumulées au cours de la journée.
Exercice 3 : créer une image mentale apaisante
Installez-vous confortablement et laissez venir à votre esprit un endroit dans lequel vous vous sentez bien. Cela peut être un lieu réel ou imaginaire : un jardin, une plage, une forêt, une maison ou tout autre endroit qui évoque pour vous une sensation agréable. Prenez le temps d’imaginer ce qui vous entoure. Quelles couleurs voyez-vous ? Quels sons pouvez-vous entendre ? Quelle est la température de l’air ? Quelles sensations ressentez-vous ? Laissez cette image se construire tranquillement, sans chercher à la rendre parfaite. Si des pensées apparaissent, vous pouvez simplement revenir à votre lieu imaginaire. Vous pouvez pratiquer cet exercice quelques minutes, en gardant uniquement les éléments qui vous font du bien.
Quand les difficultés d’endormissement deviennent récurrentes
Il est normal de traverser ponctuellement des périodes pendant lesquelles le sommeil est moins facile. Une période de stress, un changement dans votre vie personnelle ou professionnelle, une préoccupation particulière peuvent temporairement modifier votre sommeil. Mais lorsque les difficultés se répètent, elles peuvent progressivement prendre beaucoup de place dans votre quotidien. Vous pouvez commencer à appréhender le moment du coucher, à redouter les nuits difficiles ou à vous sentir préoccupée par votre sommeil dès le début de la soirée.
Il peut alors être utile de prendre le temps de comprendre ce qui se joue. Est-ce principalement lié à des préoccupations qui occupent votre esprit ? À une période de changement ? À une tension qui s’accumule au fil des journées ? À une inquiétude autour du sommeil lui-même ?
Les causes des difficultés de sommeil peuvent être multiples. Si elles persistent, perturbent votre quotidien ou s’accompagnent d’une fatigue importante, il est important d’en parler à un professionnel de santé. Les exercices de détente ne remplacent pas une évaluation ni une prise en charge médicale lorsque celles-ci sont nécessaires.
Comment la sophrologie et l’hypnose peuvent-elles accompagner les difficultés d’endormissement ?
Lorsque le mental reste très actif au moment du coucher, la sophrologie et l’hypnose peuvent constituer des approches complémentaires à envisager selon votre situation.
La sophrologie : apprendre à créer des moments de pause
La sophrologie propose différents exercices de respiration, de détente corporelle et de visualisation.
Ils peuvent vous permettre de mieux identifier vos tensions, de prendre du recul par rapport à vos préoccupations et de retrouver progressivement des moments pendant lesquels vous êtes davantage à l’écoute de vos sensations.
L’intérêt est également de pouvoir vous approprier certains exercices et les reproduire dans votre quotidien, notamment lorsque vous ressentez le besoin de ralentir.
L’hypnose : explorer votre manière de vivre certaines situations
L’hypnose peut être utilisée pour travailler sur la manière dont vous vivez certaines situations, vos perceptions ou certaines habitudes de pensée.
Elle peut notamment être envisagée lorsque l’appréhension du coucher, certaines préoccupations ou une façon de réagir à des situations particulières prennent beaucoup de place.
Le choix de l’approche dépend de votre histoire, de vos besoins et de ce que vous souhaitez faire évoluer. Il n’est pas nécessaire de savoir à l’avance si vous avez besoin de sophrologie ou d’hypnose. Le premier rendez-vous permet justement de faire le point sur votre situation.
Retrouver des soirées plus apaisées
Lorsque votre esprit ne s’arrête jamais, vous pouvez avoir l’impression de ne plus réussir à profiter du moment présent.
Vous aimeriez simplement vous coucher, fermer les yeux et laisser la journée derrière vous. Mais retrouver un rapport plus serein au sommeil ne passe pas nécessairement par le fait de réussir à contrôler toutes vos pensées. Il peut s’agir d’apprendre progressivement à prendre du recul, à reconnaître vos besoins, à relâcher certaines tensions et à ne plus faire du sommeil une nouvelle chose que vous devez absolument réussir. Vous n’avez pas besoin de tout résoudre avant de vous coucher. Et vous n’avez pas non plus besoin de réussir à faire le vide dans votre tête pour vous accorder un moment de repos.
Vous avez des difficultés à vous endormir et votre mental reste constamment actif ?
Je vous accompagne aux Matelles, près de Saint-Gély-du-Fesc et de Montpellier Nord, en sophrologie et en hypnose, pour faire le point sur votre situation et envisager un accompagnement adapté à vos besoins.
